Traumatisme psychologique : comprendre et se faire accompagner

Après un accident, une agression, des violences, une maladie grave ou un autre événement potentiellement traumatique, certaines réactions peuvent persister alors même que le danger est terminé.
Des souvenirs s’imposent. Certaines situations sont évitées. Le sommeil se dégrade. Le corps semble constamment en alerte. Une personne peut sursauter au moindre bruit ou éprouver le besoin de contrôler son environnement.
D’autres ressentent surtout un changement plus difficile à décrire : l’impression de ne plus être tout à fait comme avant.
Ces manifestations ne relèvent pas d’un manque de volonté. Mais vivre un événement éprouvant ne signifie pas nécessairement présenter un trouble de stress post-traumatique.
Le TSPT répond à des critères diagnostiques précis. En cas de doute, consultez votre médecin.
Une psychothérapie permet d’abord de comprendre ce qui se passe, d’évaluer les conséquences actuelles de l’événement et de déterminer l’accompagnement adapté à la situation.
Événement difficile et événement traumatique : une distinction importante
Dans le langage courant, le mot « traumatisme » est employé pour désigner de nombreuses expériences douloureuses : séparation, licenciement, conflit, humiliation, deuil, maladie, accident, violences…
Toutes peuvent provoquer une souffrance psychologique importante.
Mais lorsqu’on parle spécifiquement du trouble de stress post-traumatique (TSPT), le terme « traumatique » possède un sens plus précis.
Dans le DSM-5-TR, le diagnostic de TSPT suppose d’abord une exposition à la mort ou à une menace de mort, à une blessure grave ou à des violences sexuelles.
Cette exposition peut notamment avoir été vécue directement, avoir été observée directement chez autrui ou concerner, dans certaines circonstances, un événement arrivé à un proche. Certaines expositions répétées ou extrêmes à des détails particulièrement éprouvants d’événements traumatiques, notamment dans certains contextes professionnels, peuvent également entrer dans ce cadre.
Cette distinction est importante.
Une rupture sentimentale ou un conflit professionnel peuvent par exemple provoquer une souffrance considérable sans correspondre pour autant au critère d’exposition nécessaire au diagnostic de TSPT.
Cela ne rend évidemment pas cette souffrance moins légitime et n’empêche nullement de consulter.
Avoir vécu un événement traumatique signifie-t-il que l’on développera un TSPT ?
Non.
Être exposé à un événement potentiellement traumatique ne signifie pas automatiquement développer un trouble de stress post-traumatique. Des réactions importantes peuvent apparaître dans les jours ou les semaines qui suivent un événement : peur, anxiété, troubles du sommeil, images de l’événement, irritabilité, difficultés de concentration…
Leur présence immédiate ne permet pas, à elle seule, de conclure à un TSPT.
L’évolution dépend de nombreux facteurs et toutes les personnes exposées à un événement traumatique n’évoluent pas vers un trouble constitué.
Quels sont les symptômes du trouble de stress post-traumatique ?
Le DSM-5-TR organise les manifestations du TSPT autour de quatre grands ensembles de symptômes.
Il ne s’agit pas d’une liste destinée à permettre de poser soi-même un diagnostic, mais de repères permettant de comprendre la diversité des manifestations possibles.
L’événement peut s’imposer à nouveau sous différentes formes :
- souvenirs involontaires et envahissants ;
- rêves pénibles ou cauchemars ;
- réactions dissociatives, parfois décrites comme des « flashbacks » ;
- détresse importante lorsqu’une situation rappelle l’événement ;
- réactions corporelles intenses face à certains rappels.
Une odeur, un bruit, un lieu, une date ou une situation peuvent parfois provoquer une réaction particulièrement forte.
La personne peut chercher à éviter ce qui lui rappelle l’événement.
Cela peut concerner les pensées, les souvenirs ou les émotions associés à ce qui s’est passé.
L’évitement peut également concerner certains lieux, personnes, conversations, activités ou situations.
Il constitue souvent une tentative de protection compréhensible.
À court terme, éviter permet de diminuer l’anxiété.
Mais lorsque l’évitement s’étend progressivement, il peut réduire considérablement la vie quotidienne.
Après un événement traumatique, certaines personnes développent des représentations très négatives d’elles-mêmes, des autres ou du monde.
Peuvent également apparaître :
- culpabilité ou honte ;
- diminution de l’intérêt pour certaines activités ;
- sentiment de détachement ;
- difficultés à éprouver certaines émotions positives ;
- difficulté à se souvenir de certains aspects de l’événement dans certaines situations.
La manière dont la personne comprend ce qui lui est arrivé peut ainsi être profondément modifiée.
Les modifications de l’éveil et de la réactivité
Elles peuvent notamment se manifester par :
- hypervigilance ;
- réactions de sursaut importantes ;
- irritabilité ;
- difficultés de concentration ;
- troubles du sommeil ;
- parfois comportements imprudents ou autodestructeurs.
Certaines personnes décrivent une sensation permanente de « rester sur leurs gardes ».
Le danger est terminé, mais le système d’alarme semble continuer à fonctionner.
Quand parle-t-on réellement de TSPT ?
La présence de quelques manifestations après un événement ne suffit pas à établir un diagnostic.
Pour parler de TSPT, il faut notamment retrouver une combinaison précise de symptômes appartenant aux différents ensembles précédents.
Le diagnostic repose donc sur une évaluation clinique globale, REALISE par UN MEDECIN et non sur la présence isolée d’un cauchemar, d’une peur ou d’une hypervigilance.
Un événement peut avoir des conséquences psychologiques sans provoquer un TSPT
Cette distinction est essentielle.
Le TSPT n’est qu’une des conséquences psychologiques possibles d’une confrontation traumatique.
Après un événement, une personne peut également présenter de l’anxiété, une dépression, des phobies, des troubles du sommeil, des conduites addictives ou d’autres difficultés sans remplir tous les critères diagnostiques d’un TSPT.
Inversement, une personne peut éprouver une souffrance psychologique importante après un événement qui ne correspond pas au critère d’exposition traumatique du TSPT.
La psychothérapie ne s’adresse donc pas uniquement aux personnes ayant reçu un diagnostic de TSPT.
Pourquoi certains souvenirs semblent-ils toujours présents ?
Après certaines expériences traumatiques, le souvenir peut être associé à des réactions émotionnelles et corporelles particulièrement intenses.
Un élément du présent peut alors déclencher une réaction qui paraît disproportionnée par rapport à la situation actuelle.
Il faut cependant être prudent avec l’expression « mémoire traumatique ».
La mémoire humaine n’est pas un enregistrement vidéo parfaitement fidèle des événements.
Elle est reconstructive.
Cela signifie notamment qu’un travail psychothérapeutique ne doit pas avoir pour objectif de rechercher à tout prix un souvenir supposément caché ou de reconstruire des événements dont la personne n’a pas de souvenir établi. Cette prudence est particulièrement importante lorsque des techniques utilisant la suggestion, notamment l’hypnose, sont employées.
Faut-il raconter son traumatisme en détail pour commencer une thérapie ?
Non.
Certaines personnes repoussent une consultation parce qu’elles pensent qu’elles devront raconter immédiatement, et dans les moindres détails, ce qu’elles ont vécu.
Ce n’est pas nécessairement le cas.
Lors des premières consultations, il est souvent plus important de comprendre ce qui se passe aujourd’hui.
Par exemple :
- Qu’est-ce qui vous amène à consulter maintenant ?
- Quelles sont les situations devenues difficiles ?
- Que se passe-t-il lorsque quelque chose vous rappelle l’événement ?
- Comment dormez-vous ?
- Certaines situations sont-elles évitées ?
- Votre vie professionnelle, familiale ou relationnelle a-t-elle changé ?
- Qu’est-ce qui vous aide actuellement ?
Il est possible de parler de ce qui s’est passé sans devoir immédiatement entrer dans tous les détails.
Le travail doit tenir compte du rythme de la personne, de ses ressources et de son état actuel.
Comment se déroule une psychothérapie après un traumatisme ?
Il n’existe pas un accompagnement identique pour toutes les personnes.
Une évaluation initiale permet notamment de comprendre ce qui fait souffrir, sans entrer dans les détails.
Dans certaines situations, il est nécessaire de travailler d’abord sur le sommeil, l’anxiété, la capacité à identifier certaines réactions ou le sentiment de sécurité.
Dans d’autres, un travail plus directement centré sur l’expérience traumatique peut être envisagé.
Lorsqu’un TSPT est constitué, certaines psychothérapies spécifiquement centrées sur le traumatisme disposent de recommandations particulières, telle l’EMDR.
L’orientation doit donc tenir compte de la situation clinique et, lorsque cela est nécessaire, s’articuler avec un médecin ou un psychiatre.
Quelle place pour l’hypnose après un traumatisme ?

Je suis également formée à l’hypnose ericksonienne, que je peux intégrer à certains accompagnements lorsqu’elle paraît pertinente.
Je ne propose cependant pas systématiquement de l’hypnose lorsqu’une personne a vécu un traumatisme.
Selon les situations, elle peut notamment être utilisée pour travailler autour de l’apaisement, de certaines sensations corporelles, de l’anxiété, du sommeil ou de la mobilisation de ressources.
Ca n’est pas une méthode permettant d’effacer un traumatisme. Je n’utilise pas non plus l’hypnose dans le but de rechercher des souvenirs supposément refoulés ou oubliés.
La mémoire étant reconstructive et susceptible d’être influencée par la suggestion, une prudence particulière est nécessaire dans ce domaine.
Dans ma pratique, l’hypnose reste donc un outil complémentaire qui peut être intégré à une psychothérapie lorsque son utilisation paraît adaptée.
Combien de temps peut durer une psychothérapie après un traumatisme ?
Il n’est pas possible de déterminer sérieusement la durée d’une psychothérapie à partir du seul fait qu’une personne a vécu un traumatisme.
Un accident récent et circonscrit n’est pas comparable à des violences répétées pendant plusieurs années.
La présence d’un TSPT, d’une dépression, d’une anxiété importante, de conduites addictives ou d’autres difficultés peut également modifier la prise en charge.
La réponse au travail thérapeutique varie enfin selon les personnes.
Je ne propose donc pas un nombre prédéfini de séances pour “traiter un traumatisme”.
La durée et le rythme de l’accompagnement sont adaptés à la situation et réévalués au cours du travail.
Peut-on consulter plusieurs années après l’événement ?
Oui.
Le fait qu’un événement soit ancien ne signifie pas que ses conséquences ne peuvent plus être travaillées.
Certaines personnes consultent rapidement.
D’autres ont continué leur vie pendant plusieurs années avant de ressentir le besoin d’en parler.
Dans certaines situations, les symptômes ont toujours été présents mais sont devenus plus difficiles à supporter.
Dans d’autres, de nouvelles circonstances ont réactivé certaines réactions.
Quand consulter ?
Il peut être utile de consulter lorsque les conséquences d’un événement persistent ou commencent à limiter la vie quotidienne.
Par exemple lorsque :
- des souvenirs ou des images s’imposent fréquemment ;
- les cauchemars sont importants ;
- certaines situations déclenchent une détresse intense ;
- l’hypervigilance est épuisante ;
- les évitements se multiplient ;
- le sommeil reste perturbé ;
- l’anxiété devient envahissante ;
- les relations avec les autres se modifient ;
- le travail ou les activités habituelles deviennent difficiles ;
- une consommation d’alcool ou d’autres substances augmente ;
- une dépression apparaît ;
- la personne a le sentiment de ne plus se reconnaître depuis l’événement.
Il n’est toutefois pas nécessaire d’attendre de remplir les critères diagnostiques d’un trouble pour demander de l’aide.
Psychothérapie après un traumatisme à Saint-Chaptes, près d’Uzès
Je suis psychothérapeute et j’accompagne à mon cabinet de Saint-Chaptes, dans le Gard, des personnes confrontées notamment aux conséquences psychologiques d’événements traumatiques.
Ma pratique est intégrative.
La première consultation permet de comprendre ce que vous avez vécu, mais surtout d’évaluer ce qui vous fait souffrir aujourd’hui.
Vous n’avez pas besoin de savoir avant de venir si ce que vous ressentez correspond à un TSPT.
L’objectif de la première rencontre est précisément de comprendre votre situation et de déterminer l’accompagnement qui paraît le plus adapté.
Lorsque la situation nécessite une évaluation ou un suivi médical ou psychiatrique, la psychothérapie doit s’articuler avec cette prise en charge.
Précautions :
Cette page fournit des informations générales. Elle ne permet pas de poser un diagnostic et ne remplace pas une évaluation individuelle. En présence de symptômes physiques nouveaux, importants ou inhabituels, un avis médical est nécessaire. En cas de risque suicidaire ou de danger immédiat, une prise en charge urgente est nécessaire. Appeler le 3114 ou le SAMU.
