Cancer : psychothérapie, soutien psychologique et hypnose

L’annonce d’un cancer bouleverse souvent bien davantage que la santé physique. Vous pouvez avoir besoin d’un soutien psychologique.
Il faut comprendre ce qui arrive, attendre des résultats, rencontrer différents professionnels, prendre des décisions, commencer les traitements et vivre avec une incertitude que l’on n’avait pas choisie.
Puis viennent parfois la fatigue, les douleurs, les modifications du corps, les difficultés de sommeil, la peur des examens de contrôle ou la crainte d’une récidive.
Et lorsque les traitements se terminent, l’entourage peut penser que tout est terminé alors que, psychologiquement, une nouvelle période commence.
Il n’est pas nécessaire d’attendre d’être en grande détresse pour demander un soutien psychologique.
La psychothérapie peut intervenir à différents moments du parcours : à l’annonce de la maladie, pendant les traitements, après ceux-ci ou plusieurs années plus tard.
L’hypnose peut également être intégrée à certains accompagnements, notamment autour du stress, de l’anxiété, de certaines douleurs ou de l’apprentissage de l’autohypnose, lorsqu’elle est adaptée à la situation.
Elle intervient alors en complément du parcours médical et jamais à la place du traitement du cancer ou de la prise en charge médicale de ses symptômes.
Pourquoi consulter un psychothérapeute lorsqu’on a un cancer ?

Soutien psychologique Cancer
Il n’existe pas une seule manière de réagir à l’annonce d’un cancer.
- Certaines personnes éprouvent immédiatement une forte anxiété.
- D’autres se concentrent sur les examens et les traitements et ne ressentent les conséquences psychologiques que plus tard.
- Certaines ont besoin de parler.
- D’autres ne souhaitent pas parler de leur maladie en permanence.
Il n’existe pas de « bonne » manière de vivre un cancer.
La consultation peut notamment permettre de travailler sur :
- l’angoisse liée à la maladie ;
- la peur de mourir ;
- la peur de souffrir ;
- l’incertitude ;
- l’attente des résultats ;
- la peur de la récidive ;
- le stress avant les examens ou les soins ;
- les modifications de l’image du corps ;
- la fatigue et ses conséquences psychologiques ;
- les difficultés de sommeil ;
- les conséquences sur le couple ou la famille ;
- le sentiment d’isolement ;
- la difficulté à reprendre sa vie après les traitements.
Le travail psychothérapeutique dépend de ce que la personne traverse, mais aussi de son histoire personnelle, familiale et relationnelle.
Cancer et anxiété : lorsque l’incertitude devient difficile à supporter, une thérapie de soutien
Le cancer confronte à une forme particulière d’incertitude.
- Avant un examen : « Et s’ils trouvent quelque chose ? »
- Après le traitement : « Et si cela revenait ? »
- À l’apparition d’une douleur : « Est-ce normal ou est-ce le cancer ? »
- Avant un contrôle : « Et si les résultats étaient mauvais ? »
Ces pensées ne sont pas nécessairement pathologiques.
Une inquiétude est compréhensible lorsqu’une personne est confrontée à une maladie potentiellement grave.
Mais l’anxiété peut parfois devenir envahissante.
Elle peut entraîner des ruminations, une hypervigilance vis-à-vis du corps, des difficultés de sommeil ou une anticipation permanente du pire.
La psychothérapie ne vise pas à convaincre artificiellement la personne que « tout ira bien ».
Personne ne peut lui apporter cette garantie. Le travail consiste plutôt à l’aider à vivre avec une part d’incertitude sans que celle-ci occupe toute la vie psychique.
La peur de la récidive
La peur que la maladie revienne est fréquente après un cancer.
Elle peut être particulièrement forte avant un examen de contrôle, à l’approche d’une date anniversaire ou lorsqu’une sensation corporelle inhabituelle apparaît.
Une douleur banale peut alors déclencher une pensée immédiate : « Ça recommence. »
La peur de la récidive n’est pas irrationnelle au sens où elle apparaîtrait sans aucune raison : la personne a réellement été confrontée à la maladie.
La question devient plutôt celle de la place prise par cette peur.
Lorsqu’elle conduit à surveiller constamment son corps, à multiplier les recherches, à ne plus pouvoir faire de projets ou à vivre dans l’attente permanente d’une mauvaise nouvelle, un travail psychothérapeutique peut être utile.
Cancer et image du corps
Le cancer et ses traitements peuvent modifier le rapport au corps.
- Une cicatrice.
- Une mastectomie.
- Une modification du poids.
- Une perte de cheveux.
- Une modification de la peau.
- Une limitation physique.
- Des conséquences sur la sexualité.
Ces changements ne sont pas seulement esthétiques.
Ils peuvent toucher à l’identité, à la féminité ou à la masculinité, au sentiment d’être désirable, au rapport au partenaire et à la manière de se reconnaître soi-même.
Dire à quelqu’un qu’il doit simplement « accepter son nouveau corps » est rarement suffisant.
Cette appropriation peut demander du temps.
La psychothérapie offre un espace pour travailler ce qui a été perdu, transformé ou fragilisé par la maladie et les traitements.
Pourquoi la fin des traitements peut-elle être psychologiquement difficile ?
C’est une période souvent mal comprise.
Pendant les traitements, la vie est organisée autour des rendez-vous, examens, opérations, chimiothérapies, radiothérapies ou autres soins.
Puis le rythme médical diminue.
L’entourage peut dire :
- « Maintenant c’est fini. »
- « Tu vas pouvoir reprendre ta vie. »
Mais la personne ne retrouve pas nécessairement immédiatement celle qu’elle était avant la maladie.
Elle peut se sentir fatiguée, vulnérable ou différente.
Elle peut également ressentir davantage d’anxiété au moment où les consultations médicales deviennent moins fréquentes.
Certaines émotions qui avaient été mises de côté pendant les traitements peuvent également apparaître.
L’après-cancer ne consiste donc pas toujours à « tourner la page ».
Il peut s’agir plutôt de construire une vie qui intègre ce qui s’est passé sans que la maladie définisse désormais toute l’existence.
Quelle place pour l’hypnose pendant ou après un cancer ?
L’hypnose fait partie des outils que je peux intégrer à l’accompagnement psychothérapeutique.
L’hypnose ne traite pas le cancer. Elle ne remplace ni la chirurgie, ni la chimiothérapie, ni la radiothérapie, ni les traitements médicamenteux, ni la prise en charge médicale de la douleur.
Elle peut en revanche être utilisée comme approche complémentaire, selon la situation et en articulation avec le parcours de soins.
Dans ma pratique, elle peut notamment être envisagée autour :
- du stress ;
- de l’anxiété ;
- de certaines douleurs ;
- des tensions corporelles ;
- de la préparation à certains moments anxiogènes du parcours ;
- du sommeil ;
- de l’apprentissage de techniques d’autohypnose.
Son utilisation est adaptée à la personne et à l’objectif défini ensemble.
Je ne propose donc pas systématiquement une séance d’hypnose à une personne atteinte d’un cancer.
Hypnose et douleur : que peut-on réellement en attendre ?
La douleur n’est pas uniquement une sensation physique simple.
L’expérience douloureuse comporte différentes dimensions et peut être influencée notamment par l’attention, les émotions, l’anxiété, les expériences antérieures et le contexte.
Cela ne signifie évidemment pas que la douleur serait « dans la tête ».
Une douleur liée au cancer ou à ses traitements est réelle et doit être évaluée médicalement.
L’hypnose peut être utilisée, dans certaines situations, comme une approche complémentaire de la prise en charge de la douleur.
Le travail peut notamment porter sur :
- la focalisation de l’attention ;
- le déplacement de l’attention ;
- la représentation de la sensation ;
- certaines caractéristiques subjectives de la douleur ;
- l’anxiété qui accompagne la douleur ;
- la mobilisation de sensations plus confortables ;
- l’apprentissage de l’autohypnose.
Par exemple, plutôt que de demander uniquement :
« Quelle est l’intensité de votre douleur ? »
on peut également explorer :
- « Si cette douleur avait une forme, quelle serait-elle ? »
- « Une température ? »
- « Une texture ? »
- « Une couleur ? »
- « Est-elle fixe ou mobile ? »
Ce travail sur la représentation de la sensation est parfois appelé réification.
Il permet de transformer une expérience difficile à saisir en une représentation sur laquelle l’attention et l’imaginaire peuvent travailler.
L’objectif n’est pas la disparition de la douleur.
Il peut être de rechercher une modification de son vécu, une diminution de la détresse associée ou une meilleure capacité à mobiliser ses propres stratégies d’apaisement.
L’hypnose remplace-t-elle les médicaments contre la douleur ?
Non.
Une douleur nouvelle, inhabituelle ou qui s’aggrave chez une personne ayant ou ayant eu un cancer nécessite une évaluation médicale.
L’hypnose ne doit pas conduire à retarder cette évaluation ni à modifier seul un traitement antalgique prescrit. Lorsqu’elle est utilisée pour la douleur, elle s’intègre dans une prise en charge globale, éventuellement avec l’oncologue, le médecin traitant, une équipe douleur ou d’autres professionnels.
Hypnose et stress lié aux soins
Le parcours du cancer peut comporter de nombreux moments anxiogènes :
- attente d’un résultat ;
- examen ;
- contrôle ;
- entrée dans un établissement de soins ;
- geste médical ;
- intervention ;
- ou simple retour dans un lieu associé à une période difficile.
Le corps peut parfois réagir avant même que la personne ait formulé consciemment son inquiétude : tension musculaire, accélération du rythme cardiaque, boule dans la gorge, oppression ou agitation.
L’hypnose peut alors être utilisée pour travailler sur l’attention, la respiration, les sensations et les représentations.
L’objectif n’est pas de nier la réalité du soin ni de faire disparaître toute émotion.
Il s’agit de permettre à la personne de disposer de davantage de ressources pour traverser une situation qu’elle ne peut pas toujours éviter.
L’autohypnose : retrouver une marge d’action
Le cancer peut provoquer un sentiment important de perte de contrôle.
- Les rendez-vous sont imposés.
- Les traitements ont leurs contraintes.
- Le corps ne réagit pas toujours comme on le souhaiterait.
- Les résultats médicaux ne dépendent pas de soi.
Dans ce contexte, apprendre certains exercices d’autohypnose peut permettre de retrouver une petite marge d’action personnelle.
L’objectif n’est pas de contrôler la maladie.
Il s’agit de pouvoir utiliser certains outils de manière autonome pour travailler, par exemple, sur le stress ou certaines sensations.
Cette autonomie est importante : l’objectif n’est pas que la personne ait besoin du thérapeute chaque fois qu’elle souhaite retrouver un état plus apaisé.
Psychothérapie et hypnose : pourquoi les associer ?
Je ne conçois pas nécessairement la psychothérapie et l’hypnose comme deux accompagnements séparés.
Une séance peut commencer par un échange sur ce que la personne traverse.
Une difficulté particulière peut apparaître : peur du prochain contrôle, douleur, difficulté de sommeil, image corporelle, anxiété.
Si l’hypnose paraît pertinente et que la personne le souhaite, elle peut être intégrée à ce travail.
Une autre séance pourra être essentiellement consacrée à la parole.
L’outil s’adapte à la personne et à la situation, et non l’inverse.
Le cancer peut-il provoquer un traumatisme psychologique ?
La confrontation au cancer peut être vécue comme profondément bouleversante.
Mais il faut être précis : avoir eu un cancer ne signifie pas automatiquement présenter un trouble de stress post-traumatique.
Certaines personnes peuvent néanmoins développer des manifestations post-traumatiques, en fonction notamment de ce qu’elles ont vécu au cours de la maladie et des soins.
D’autres présenteront plutôt de l’anxiété, une dépression, des troubles du sommeil, une peur importante de la récidive ou d’autres difficultés.
L’évaluation clinique permet de comprendre ce qui se passe sans appliquer automatiquement l’étiquette de « traumatisme » à toute personne ayant traversé un cancer.
Et le « brouillard mental » ?
Certaines personnes ayant été traitées pour un cancer décrivent des difficultés de concentration, d’attention ou de mémoire, parfois regroupées sous l’expression de « brouillard mental ».
Ces difficultés ne doivent pas être attribuées automatiquement à une cause psychologique.
Elles peuvent être multifactorielles et doivent être discutées avec l’équipe médicale lorsqu’elles sont importantes ou persistantes.
La fatigue, les troubles du sommeil, l’anxiété et la charge émotionnelle peuvent néanmoins également peser sur les capacités attentionnelles.
La psychothérapie peut alors aider à travailler sur ces dimensions psychologiques, sans prétendre traiter à elle seule l’ensemble des causes possibles de ces difficultés cognitives.
Faut-il attendre d’aller très mal pour consulter ?
Non.
Un soutien psychologique peut être proposé à différents moments :
- Après l’annonce, lorsque le diagnostic bouleverse les repères.
- Pendant les traitements, lorsque l’anxiété, la fatigue, la douleur ou les transformations corporelles deviennent difficiles à vivre.
- À la fin des traitements, lorsque le retour à une vie moins médicalisée se révèle plus complexe que prévu. ou que l’angoisse prend trop de place
- Lors du suivi, notamment lorsque les examens de contrôle réactivent fortement l’anxiété.
- Plusieurs années après, si certaines conséquences de la maladie continuent à peser sur la vie quotidienne.
La demande de soutien appartient à la personne.
Toutes les personnes atteintes d’un cancer n’ont pas besoin d’une psychothérapie.
Un accompagnement complémentaire au parcours médical
Le soutien psychologique fait partie des soins de support qui peuvent accompagner une personne atteinte de cancer.
Mon intervention ne se substitue pas à celle de l’oncologue, du médecin traitant, du psychiatre, du médecin de la douleur ou des autres professionnels intervenant dans le parcours de soins.
Lorsque cela est nécessaire, je peux inviter la personne à reprendre contact avec son équipe médicale ou à demander une prise en charge spécialisée.
Cette articulation est particulièrement importante lorsqu’il existe :
- une douleur nouvelle ou qui s’aggrave ;
- des symptômes physiques inhabituels ;
- une dépression importante ;
- des idées suicidaires ;
- des effets indésirables importants des traitements ;
- ou toute situation nécessitant une évaluation médicale.
Prendre rendez-vous
Cette page fournit des informations générales et ne remplace pas l’avis de l’équipe médicale qui assure le suivi du cancer. La psychothérapie et l’hypnose sont ici envisagées comme des approches complémentaires et ne traitent pas le cancer. Toute douleur nouvelle, inhabituelle ou qui s’aggrave doit être signalée à l’équipe médicale. En cas de risque suicidaire ou de danger immédiat, une prise en charge urgente est nécessaire.
